La première fois que j'ai vu la Ville Close, je venais pour une heure et je suis restée une journée entière. On arrive par le port, on aperçoit les remparts de l'autre côté de l'eau, et l'on comprend immédiatement pourquoi cette petite cité fortifiée attire autant de monde. Le reste de la ville est moins spectaculaire, mais c'est là que bat le vrai port de pêche. Beaucoup de visiteurs ne sortent jamais de la Ville Close, ce qui est dommage : la ville vit de l'autre côté de l'eau.

La Ville Close, tôt le matin

La Ville Close se visite à pied, derrière ses remparts, avec des ruelles étroites et des maisons serrées les unes contre les autres. Il y a des galeries, des boutiques et quelques terrasses, mais l'intérêt principal reste le chemin de ronde et la vue sur la baie. J'y monte toujours avant dix heures : les groupes ne sont pas encore arrivés, et l'on entend les mouettes plutôt que les conversations.

Comptez une heure pour en faire le tour sans courir, deux si vous vous arrêtez partout. L'entrée se fait par un pont, et il faut accepter de revenir sur ses pas pour ressortir. C'est le genre d'endroit qui perd un peu de sa magie à midi en août, mais qui redevient agréable en fin de journée, quand la lumière tombe sur les pierres. Les remparts se parcourent sans guide, et c'est très bien ainsi : il suffit de suivre le chemin et de s'arrêter quand la vue le mérite.

Le port de pêche et les quais

En face de la Ville Close, le port de pêche est l'un des plus actifs de la côte, et cela se voit aux bateaux, aux caisses et aux allées et venues matinales. Les quais ne sont pas aménagés pour les touristes, et c'est ce qui les rend intéressants : on y voit du travail, pas seulement des cartes postales. Le soir, la promenade est calme et l'on peut suivre l'eau jusqu'au bout de la jetée. Par grand vent, la promenade devient nettement moins agréable, et il vaut mieux la remettre au lendemain que de s'obstiner. Les jours de marché, les quais se remplissent dès le matin, et l'on y trouve du poisson à cuisiner le soir même.

Où dormir et où manger

Pour un week-end, je conseille de dormir près du port plutôt que dans la Ville Close, où les logements sont rares et chers. Côté port, on est à cinq minutes à pied de tout, y compris du départ des bateaux.

  • Un hôtel simple côté port, pour être à pied de tout.
  • Une crêperie le midi, avec une galette et un cidre.
  • Un restaurant de poisson le soir, en réservant la veille.
  • Une glace sur le quai, même s'il fait gris, parce que c'est le rituel.
  • Un arrêt à la poissonnerie avant de repartir, avec une glacière dans la voiture.

Les prix augmentent nettement en juillet et août, et il vaut mieux réserver plusieurs semaines à l'avance si vous visez cette période. Hors saison, la ville est plus calme et les tarifs redescendent, ce qui rend le week-end beaucoup plus agréable. La poissonnerie, elle, vaut le détour même sans acheter : c'est le meilleur endroit pour comprendre ce qui sort de l'eau dans la région. Les vendeurs expliquent volontiers la différence entre deux poissons proches, et cela vaut mieux qu'une fiche plastifiée.

Deux jours, deux ambiances

Un week-end suffit si l'on accepte de ne pas tout faire, et voici comment je répartis le temps sur place.

MomentCe que je faisPourquoi
Samedi matinVille Close et rempartsPeu de monde, belle lumière
Samedi après-midiPort, jetée, plageOn marche sans programme
Dimanche matinPoissonnerie et quaisAmbiance de travail
Dimanche midiCrêperie avant le départDernier repas simple

Ce programme laisse une grande place aux pauses, et c'est volontaire : Concarneau se découvre en marchant, pas en cochant des visites. Si la pluie s'installe, la Ville Close offre un abri correct et les galeries permettent de patienter. Et si vous avez une journée de plus, Pont-Aven est à quinze kilomètres environ, ce qui fait une excursion facile. La route longe la côte sur une partie du trajet, et l'on peut s'arrêter pour regarder une plage ou un port de plus.

Les détails pratiques

Quelques points appris à force de venir, et qui évitent de perdre du temps sur place. J'ajoute un conseil qui n'a rien de pratique : levez-vous tôt au moins une fois, la ville est méconnaissable avant neuf heures.

  1. Se garer en périphérie : le centre et la Ville Close se font à pied.
  2. Consulter les horaires de marée si l'on veut marcher sur l'estran.
  3. Réserver le restaurant du samedi soir, surtout entre juin et septembre.
  4. Prévoir des chaussures qui ne craignent pas les pavés mouillés.

Le stationnement est le vrai sujet du week-end : les parkings proches de la Ville Close se remplissent vite, et tourner vingt minutes pour gagner cinquante mètres n'a aucun intérêt. Mieux vaut se garer un peu plus loin et finir à pied le long de l'eau. Ce week-end se combine très bien avec un plus long circuit, comme celui que je décris dans mon itinéraire de trois jours en Bretagne. Deux nuits suffisent pour en voir l'essentiel, et une seule journée donne déjà une bonne idée de l'atmosphère. Et si vous venez hors saison, prévoyez un vêtement chaud : le vent du large ne s'arrête pas à la jetée. Les parkings du port sont souvent gratuits hors saison, ce qui rend le week-end encore plus simple à organiser. La ville se traverse à pied en vingt minutes, ce qui laisse beaucoup de marge dans le programme.