Quimper se visite lentement, et c'est peut-être le plus grand compliment que je puisse lui faire. On y arrive en train, on pose le sac, et l'on comprend vite que tout le centre se fait à pied, entre la cathédrale, la rivière et les rues pavées. Deux jours suffisent pour en voir l'essentiel, à condition d'accepter de s'asseoir une heure de temps en temps. C'est aussi une ville où l'on mange bien, ce qui aide à prendre son temps sans culpabiliser. Le centre est assez petit pour qu'on le traverse trois fois dans la journée sans avoir l'impression de se répéter.
Premier jour : le centre ancien, sans itinéraire rigide
Je commence toujours par la cathédrale Saint-Corentin, dont les flèches se voient depuis presque partout. L'intérieur est frais, même en août, et l'on y entre sans billet pour une pause silencieuse. En sortant, la rue Kéréon mène vers les quais, avec ses boutiques et ses maisons à pans de bois. C'est le genre de rue où l'on avance de dix mètres puis l'on s'arrête, parce qu'une façade mérite un regard. Les jours de marché, la rue se remplit dès huit heures et l'ambiance change complètement. Le reste de la semaine, la même rue est presque vide le matin, ce qui donne envie de revenir hors saison.
L'après-midi, je longe l'Odet, qui traverse la ville et lui donne son atmosphère. Les quais, les ponts, les jardins : tout est à quelques minutes, et l'on peut marcher une heure sans s'éloigner vraiment du centre. Si la pluie s'invite, ce qui arrive souvent, le musée des beaux-arts et le musée de la faïence offrent deux abris très différents, l'un pour la peinture, l'autre pour l'histoire locale. Les deux se visitent en une heure chacun, et l'on peut choisir selon la météo plutôt que selon un programme.
Deuxième jour : faïence, marché et bords de l'eau
Le deuxième jour, je prends le temps de la faïence, parce que c'est ce qui reste de Quimper dans les vitrines françaises. Les boutiques du centre proposent des pièces décorées à la main, des assiettes aux motifs bleus et des objets plus contemporains. On peut y passer vingt minutes ou une heure, selon l'intérêt que l'on porte aux détails. Ensuite, le marché, quand c'est jour de marché, vaut le détour pour les fromages, les fraises et les crêpes à emporter. Je prends toujours un kouign-amann pour la route, même quand j'ai déjà mangé, ce qui est un problème sans solution.
Mes haltes préférées
Je n'ai pas d'adresse secrète, juste des habitudes qui reviennent à chaque passage.
- Un café en terrasse rue Kéréon, pour regarder la ville se réveiller.
- Une crêperie du centre, à midi, avec une galette complète et un café.
- Un banc au bord de l'Odet, quand le vent tombe en fin de journée.
- Une boutique de faïence, pour un petit bol plutôt qu'un grand service.
- Le marché, le samedi matin, pour rapporter du fromage et des fraises.
Ce ne sont pas des découvertes, et c'est justement pour cela qu'elles tiennent. Un séjour de deux jours ne sert à rien si l'on court après l'adresse que personne ne connaît. Mieux vaut s'asseoir deux fois dans la même journée, regarder les gens passer et laisser la ville faire son travail, quitte à ne pas tout voir. Les terrasses du centre sont d'ailleurs plus agréables que celles des quais, plus exposées au vent.
Deux jours, est-ce suffisant ?
Tout dépend de ce que vous cherchez, mais voici comment je répartirais le temps si je devais conseiller quelqu'un qui arrive pour la première fois.
| Moment | Ce que je fais | Durée |
|---|---|---|
| Vendredi soir | Arrivée, quais, dîner simple | Deux heures |
| Samedi matin | Cathédrale, rue Kéréon, marché | Trois heures |
| Samedi après-midi | Odet, musée, terrasse | Trois heures |
| Dimanche matin | Faïence, dernier café, départ | Deux heures |
Ce programme laisse beaucoup de place à l'improvisation, et c'est volontaire. Si vous avez une voiture, vous pouvez ajouter une excursion vers Concarneau ou Pont-Aven, mais je le déconseille sur deux jours : on passe plus de temps à rouler qu'à regarder. Quimper mérite qu'on lui donne une journée entière, sans arrière-pensée et sans liste de choses à cocher. L'idéal reste de dormir sur place, même une seule nuit, pour voir la ville se vider le soir.
Les détails qui changent la journée
Quelques points pratiques, appris à force de venir sans réfléchir et de repartir avec un regret.
- Se garer en périphérie et finir à pied, le centre est piéton par endroits.
- Prévoir une veste légère : le vent du large ne prévient pas.
- Réserver la crêperie du samedi midi, la ville est petite et les tables peu nombreuses.
- Vérifier les horaires des musées, plusieurs ferment le lundi.
Deux jours à Quimper, c'est court, mais c'est suffisant pour comprendre pourquoi on y revient. La ville ne cherche pas à impressionner : elle propose une cathédrale, une rivière, des crêpes et des rues où l'on marche sans but. C'est exactement ce que je demande à un week-end, et c'est pour cela que j'y retourne plusieurs fois par an, souvent sans programme. Et si vous ne pouvez rester qu'une journée, choisissez la cathédrale et les quais : c'est le minimum qui donne envie de revenir. Et si vous avez une journée de plus, mon week-end à Concarneau complète très bien le séjour, à une demi-heure de route. Le retour se fait facilement en fin de journée, sans dépendre des horaires de train.
