Trois jours en Bretagne, c'est court, et il faut choisir : soit on court, soit on s'installe. J'ai testé les deux, et le second m'a laissé de bien meilleurs souvenirs. Le programme que je propose tient en trois étapes, avec Quimper comme point de départ, et il laisse de la place pour s'arrêter au bord de l'eau sans regarder sa montre. J'ai renoncé aux programmes de six étapes, qui font passer la Bretagne pour un parc d'attractions.

Jour un : Quimper, le centre à pied

Le premier jour, je ne prends pas la voiture. Le centre de Quimper se traverse à pied, de la cathédrale Saint-Corentin aux quais de l'Odet, en passant par la rue Kéréon et ses maisons anciennes. C'est la meilleure manière de comprendre la ville avant de partir sur la côte : une heure de marche, deux cafés, et l'on a déjà l'essentiel. Le soir, une crêperie du centre fait très bien l'affaire, à condition de réserver ou d'arriver tôt. Le beurre salé et le cidre font le reste, et l'on ressort avec l'impression d'avoir déjà compris quelque chose à la région.

Jour deux : Concarneau et la côte

Direction Concarneau, à une demi-heure de route environ. La Ville Close se visite en une matinée : les remparts, les ruelles, le port de pêche juste en face. J'aime y arriver avant dix heures, quand les groupes ne sont pas encore là et que l'on entend les mouettes plutôt que les conversations. L'après-midi, une plage ou une balade sur les quais suffit, et le retour vers Quimper se fait sans stress. Si le temps se couvre, les remparts offrent un abri correct et la visite reste agréable.

Jour trois : Pont-Aven et le retour

Pont-Aven est une petite ville posée sur l'Aven, connue pour ses peintres et ses galeries. On y vient pour flâner, pour les crêpes et pour la lumière sur la rivière, qui explique assez bien pourquoi tant d'artistes s'y sont arrêtés. Comptez une demi-journée, sans chercher à tout voir. En repartant, un arrêt sur la route du retour permet de prolonger un peu le week-end, à condition de ne pas trop tarder. Les galeries ferment souvent en début de soirée, et il ne faut pas compter sur elles pour occuper la fin de journée.

Ce que ça coûte, en gros

Je ne donnerai pas de chiffres précis, parce que tout dépend de la saison et du confort choisi. En revanche, la répartition des dépenses est assez stable d'un voyage à l'autre.

PosteCe que je prévoisMon astuce
Le logementDeux nuits à QuimperRéserver hors saison
Les repasCrêperie le midi, simple le soirMarché pour le pique-nique
Les visitesSurtout l'extérieur, gratuitVérifier les tarifs avant
Le carburantEnviron cent cinquante kilomètresUne seule voiture, à plusieurs

Le budget dépend surtout du logement et de la saison : en juillet et août, les prix montent dans certains secteurs, et il vaut mieux réserver tôt. Les repas, eux, restent raisonnables si l'on mange à midi en crêperie et le soir à la maison ou dans une petite adresse. Ce n'est pas un voyage de luxe, c'est un voyage de bord de mer, et cela se sent dans les additions comme dans l'ambiance. Un repas pris sur le pouce au marché coûte souvent moins cher qu'une terrasse, et il se mange les pieds dans l'herbe.

Comment je m'organise avant de partir

Quelques préparatifs évitent de perdre du temps sur place, et j'ai appris à les faire la semaine précédente plutôt que la veille.

  • Réserver les deux nuits au même endroit, pour ne pas refaire les valises.
  • Partir tôt le premier jour, afin de profiter de la fin de matinée.
  • Consulter les horaires de marée si l'on prévoit une balade sur l'estran.
  • Emporter une veste imperméable, même si la météo annonce du beau temps.
  • Garder une bouteille d'eau dans la voiture, les pauses sont rares hors saison.

Le logement en un seul point est le conseil que je répète le plus : changer d'hôtel chaque nuit fait perdre une heure à chaque fois, et cette heure manque en fin de séjour. Une valise posée pour deux nuits, c'est aussi la possibilité de partir léger le matin et de rentrer tard le soir, sans penser à l'heure du départ. Et si vous voyagez à deux, une seule voiture suffit largement pour ce circuit, ce qui divise le carburant.

Les erreurs que j'ai faites

J'ai accumulé assez de maladresses pour en tirer une courte liste, que je relis avant chaque départ.

  1. Changer d'hébergement chaque nuit, par peur de manquer quelque chose.
  2. Vouloir ajouter une quatrième étape, et rouler au lieu de visiter.
  3. Partir un samedi sans avoir réservé le restaurant du soir.
  4. Oublier que beaucoup d'adresses ferment le dimanche soir et le lundi.

L'erreur la plus coûteuse reste la quatrième : après une journée de marche, se retrouver devant une salle fermée, un dimanche, est une expérience que je ne souhaite à personne. Un coup de téléphone la veille suffit généralement à éviter cela, et cela permet aussi de vérifier les horaires, qui changent souvent selon la saison. Trois jours ne suffisent pas à faire le tour de la Bretagne, et personne ne le prétend. Mais trois jours bien placés donnent une idée juste : une ville, un port, une rivière, et le sentiment d'avoir ralenti. C'est déjà beaucoup pour un long week-end, et c'est la raison pour laquelle je refais ce trajet chaque printemps, en changeant juste une étape. Si vous voulez prolonger, mon week-end à Concarneau se combine très bien avec ce programme.