La première fois, je suis entrée parce qu'il pleuvait et que la vitrine était jolie. La deuxième, j'avais une excuse : un cadeau à trouver pour une collègue. La troisième, je n'avais plus d'excuse du tout, et c'est souvent le signe qu'une boutique est entrée dans une routine sans qu'on l'ait décidé. Depuis, j'y passe presque à chaque fois que je traverse le centre, même sans acheter, juste pour regarder les bocaux.
Une épicerie fine qui joue la carte du voyage
Le Comptoir de Mathilde est une maison d'épicerie fine, et l'on y trouve surtout des chocolats, des tartinables, des épices et des huiles. Les rayons sont pensés comme un voyage : cacao, noisette, vanille, agrumes, piment. On vient pour un pot de pâte à tartiner et l'on repart avec trois idées de dîner. Ce n'est pas une épicerie de dépannage, c'est une adresse pour se faire plaisir ou pour faire plaisir à quelqu'un. Les étiquettes sont écrites à la main, les pots s'empilent jusqu'au plafond, et l'on comprend vite que la visite fait partie du plaisir.
L'accueil compte beaucoup dans ce genre de boutique. On vous fait goûter, on explique les accords, on ne vous laisse pas repartir avec un pot sans savoir à quoi il ressemble. Pour quelqu'un comme moi, qui cuisine simple et sans prétention, ces conseils valent mieux qu'une belle étiquette. J'y ai appris à mettre une pointe de piment dans un chocolat chaud, ce qui n'a l'air de rien et change pourtant toute la tasse. J'ai aussi appris qu'un chocolat noir ne se marie pas avec n'importe quoi, et qu'une pincée de sel de Guérande relève un caramel mieux qu'une cuillère de sucre.
Ce que je rapporte dans mon panier
Mon panier est rarement raisonnable, mais il est toujours justifié par une occasion précise.
- Un pot de pâte à tartiner pour les dimanches matin, quand le pain est encore chaud.
- Une tablette de chocolat noir pour les soirées où l'on regarde un film.
- Un mélange d'épices pour les légumes rôtis du mardi, mon plat de secours.
- Une petite huile parfumée, en cadeau, quand je ne connais pas les goûts de la personne.
- Un sachet de chocolats à offrir, en dernier recours, et cela fonctionne toujours.
La pâte à tartiner est devenue un rituel : un pot par mois, jamais plus, sinon je la mange à la cuillère debout devant l'évier. Le chocolat noir, lui, part souvent en une semaine, ce qui est un aveu que je préfère ne pas commenter. Quant aux épices, un seul mélange suffit à changer trois plats de la semaine, et c'est peut-être le meilleur rapport plaisir-prix de la boutique. Il m'arrive d'acheter deux pots identiques, un pour la cuisine et un pour offrir, parce que je sais que je vais en manquer avant la fin du mois.
Pourquoi j'y vais plutôt qu'ailleurs
Il y a d'autres boutiques à Quimper, et je ne prétends pas détenir la vérité. Mais voici ce qui fait la différence pour moi, à chaque visite.
| Critère | Ici | Ailleurs en centre-ville |
|---|---|---|
| Le choix | Épicerie fine, chocolat, épices | Souvent spécialisé |
| Les conseils | Dégustation et accords proposés | Variable selon les jours |
| Les prix | Plus élevés, emballage soigné | Souvent plus doux |
| Les cadeaux | Prêts à offrir | À emballer soi-même |
Je ne dirais pas que c'est bon marché : ce sont des produits travaillés, dans des bocaux soignés, et cela se paie. En revanche, pour un cadeau, on gagne un temps fou, parce que le pot est déjà présentable. Quand je cherche un souvenir à rapporter sans me creuser la tête, c'est là que je vais, et je n'ai encore jamais vu quelqu'un déçu en ouvrant le sachet. Les prix sont plus élevés qu'en grande surface, c'est indéniable, et c'est le genre d'achat que je fais deux ou trois fois par an plutôt que chaque semaine.
Mes habitudes pour ne pas trop dépenser
J'ai fini par adopter quelques règles simples, parce que la boutique est petite et la tentation grande. Elles ne m'empêchent pas de craquer, mais elles évitent les paniers de trois kilos.
- Fixer une somme avant d'entrer, et la garder en tête.
- Privilégier un produit que je ne trouve pas en supermarché.
- Demander conseil plutôt que d'acheter trois choses au hasard.
- Prendre les petits formats quand ils existent, pour goûter.
La deuxième règle est celle qui marche le mieux : un pot de tartinable ou une épice, c'est déjà un cadeau, et cela évite d'acheter trois bricoles qui finiront dans un placard. Les horaires varient selon la saison et les jours fériés, donc un coup d'œil avant de traverser la ville n'est jamais inutile. Et si vous êtes en voiture, sachez que les bocaux voyagent mal dans un coffre mal calé. Un dernier conseil : demandez un emballage papier si le pot doit voyager, cela évite les éclats dans la valise et les miettes dans les chaussures.
Comment l'intégrer à une journée à Quimper
C'est une adresse que je place volontiers en fin de parcours, entre la cathédrale et le bord de l'Odet, quand on commence à chercher un souvenir sans trop savoir quoi rapporter. La boutique ne prend pas longtemps, mais elle laisse un goût, et c'est exactement ce qu'on demande à une halte gourmande. Si vous préparez un séjour, mon itinéraire de deux jours à Quimper passe juste à côté. Si vous y allez en fin de journée, le quartier est plus calme et l'on entend mieux les explications de la maison. La dernière fois, je suis repartie avec un pot de caramel au beurre salé, et il n'a pas fait la semaine.
