Je suis entrée chez Primor pour acheter un shampooing et je suis ressortie avec deux masques en feuille, un baume démaquillant et une éponge. C'est le problème avec cette enseigne : on y va pour une course précise et le rayon coréen vous attrape au passage. Depuis, j'y passe une fois par mois, avec une liste en tête et une somme ferme en poche. Les rayons sont d'ailleurs disposés de telle manière qu'on les traverse forcément, ce qui n'est probablement pas un hasard.
Une enseigne espagnole, un rayon coréen
Primor est une chaîne espagnole de parfumerie et de soins, et son intérêt tient à un mélange assez rare : les marques européennes classiques côtoient un rayon asiatique très fourni. On y trouve des produits que l'on voit d'habitude uniquement en boutique spécialisée, sans le décor ni le discours qui va avec. Les prix sont généralement plus doux que dans les enseignes de niche, même si tout n'est pas une bonne affaire pour autant. Certaines références sont plus chères qu'en ligne, surtout sur les marques très demandées, et il vaut mieux vérifier sur son téléphone avant de passer en caisse.
Ce qui me plaît, c'est de pouvoir comparer sur place. Les testers sont nombreux, les formats mini existent pour beaucoup de références, et l'on peut sentir, tester la texture, vérifier si un parfum tient sur la peau. J'ai renoncé à plusieurs achats après essai, ce qui est plutôt bon signe : une boutique qui laisse tester vend moins, mais elle vend mieux. Et pour une peau réactive comme la mienne, ce quart d'heure d'essai vaut tous les avis en ligne. Les vendeuses connaissent mal le rayon asiatique, ce qui n'est pas un reproche : elles orientent volontiers vers les marques européennes, et il faut parfois se débrouiller seule.
Ce que je rachète les yeux fermés
Ma liste tourne autour de cinq familles de produits, toujours les mêmes, parce que j'ai arrêté d'essayer tout et n'importe quoi.
- Un nettoyant doux en mousse, pour le soir, quand je ne me démaquille pas.
- Des masques en feuille hydratants, que j'utilise une fois par semaine.
- Un baume démaquillant, indispensable l'hiver avec le vent du large.
- Une crème hydratante basique, sans parfum, pour le matin.
- Des patches pour les yeux, le dimanche, quand la nuit a été courte.
Ces cinq produits couvrent l'essentiel de ma routine, et je complète avec ce que j'ai déjà à la maison. Le baume démaquillant est celui qui a le plus changé mes soirées : je masse, je rince, et ma peau ne tire plus. Pour le reste, je reste fidèle aux mêmes références tant qu'elles fonctionnent, ce qui évite les mauvaises surprises et les tiroirs pleins de tubes à moitié vides. Je note aussi les dates d'ouverture au marqueur, parce qu'un sérum commencé en janvier et oublié en avril ne vaut plus grand-chose.
Ce que j'évite, et pourquoi
Tout n'est pas à prendre, et certaines catégories me laissent dubitative, souvent pour des raisons de format plus que de formule.
| Catégorie | Ce que je prends | Ce que j'évite |
|---|---|---|
| Les sérums | Un seul, simple et stable | Les coffrets de trois miniatures |
| Les masques | Les feuilles hydratantes | Les masques en tissu très parfumés |
| Le maquillage | Presque rien | Les palettes immenses |
| Le solaire | Un tube pour le visage | Les formats familiaux |
Les coffrets de miniatures sont mon piège préféré : ils coûtent moins cher à l'unité, mais on en termine rarement un seul. Les palettes immenses, elles, finissent toujours au fond d'un tiroir, avec deux couleurs utilisées et douze intactes. Quant au solaire, un tube dédié au visage suffit largement, même en Bretagne, où le soleil est capricieux mais bien présent dès qu'il décide de sortir. Un dernier détail : les rayons changent souvent de place, et le produit repéré le mois dernier peut se retrouver trois allées plus loin.
Comment je gère le budget
J'ai trois ou quatre habitudes qui m'empêchent de dépasser la somme que je m'étais fixée avant d'entrer.
- Écrire la liste avant d'entrer, et ne pas la modifier en rayon.
- Prendre le format mini quand il existe, pour tester sans engagement.
- Comparer le prix au millilitre, jamais le prix affiché.
- Attendre vingt-quatre heures avant tout achat non prévu.
La dernière règle est la plus efficace, et la plus frustrante. Il m'est arrivé de retourner le lendemain pour un produit laissé la veille : au moins, je savais que ce n'était pas une impulsion. Et quand je renonce, je note la référence dans mon carnet, ce qui me sert pour les mois suivants, quand le budget est plus large. Je garde aussi les tickets dans une enveloppe, ce qui me permet de voir, à la fin du mois, si mes bonnes résolutions tiennent vraiment.
Mes règles avant de payer
Primor n'est pas une boutique où l'on entre pour flâner sans conséquence, et c'est justement ce qui me plaît. On y trouve de quoi tenir une routine simple, à condition d'arriver avec une idée claire de ce que l'on cherche. Si vous débutez, commencez par un nettoyant et une crème, puis ajoutez un produit par mois, comme je l'ai fait pour ma BB crème Erborian. C'est plus lent, mais c'est la seule méthode que j'ai trouvée pour ne pas me retrouver avec trois sérums ouverts en même temps. Et si un produit ne vous convient pas, terminez-le ailleurs plutôt que de le jeter : c'est la seule manière de ne pas transformer un essai en dépense perdue.
